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Vie et mort d’un club sportif : quand trop, c’est trop!

Verneuil / Vienne

C’est un véritable coup de tonnerre qui a retenti vendredi dernier dans le gymnase de Verneuil-sur-Vienne en Haute-Vienne. Car si la dissolution d’associations n’est pas rare, cela ne survient généralement pas dans un club sportif en cours de saison. Surtout quand ce club est en pleine bourre. Explications.

C’était un club en pleine croissance, plein de vie. Des équipes de jeunes comme s’il en pleuvait, des initiatives en veux-tu en voilà, pour Noël, Pâques, pour les marchés festifs pendant l’été. Bref, une intense participation à la vie locale. Et du matériel à faire pâlir les autres clubs que l’on prêtait même au comité départemental.

Vendredi soir, tout ça s’est arrêté à l’issue d’une assemblée générale extraordinaire où le bureau a démissionné en bloc. Et faute d’une nouvelle équipe de volontaires, la dissolution a été prononcée.

Pourquoi ? Au micro (l’assemblée ayant eu lieu dans le gymnase devant des tribunes pleines), le président Sylvain Pénichoux a longuement évoqué le ras-le-bol après une cascade d’événements. Jusqu’à un point de non retour qui a conduit l’ensemble du bureau à mettre un point final à une aventure débutée il y a 15 ans. «Pourquoi ? Parce que l’usure, l’épuisement, des attitudes inacceptables envers le bureau composé de bénévoles qui eux aussi, rappelle le président, payent leur cotisation.»

Des remarques aux reproches, des reproches au dénigrement, il ne s’agit pas de s’appesantir sur la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Pressés de question d’adhérents incrédules, le président précise que «nous ne sommes pas dans un tribunal.» Mais pourquoi ne pas exclure ceux qui ont dépassé les bornes, propose un parent ? Pas question répond un président en quête de tranquillité. «Ce club, je fais partie de ceux qui l’ont créé. Une minorité nous a poussés dehors et j’en suis le premier déçu. J’entraîne une équipe d’enfants et quand je leur ai dit que c’était le dernier entraînement, on a tous pleuré.» Mais plutôt qu’instruire un procès, Sylvain Pénichoux préfère dire l’engagement quotidien des membres du bureau. Celui qui tient les tables de marque, celui qui administre les licences des joueurs, celui qui démarche les sponsors, celui qui réserve les gymnases. Ces gens qui ont une famille, travaillent parfois dans d’autres départements mais reviennent en vitesse le vendredi soir pour faire le boulot. Mais sont encore là le dimanche soir pour nettoyer la salle. «Quand on paye sa licence dans un club sportif, non tout n’est pas dû. On a des droits mais aussi des devoirs et nous ne sommes pas des prestataires de service.»

En décembre dernier, au moment de ce qu’on nomme à Verneuil «le Noël du hand», un élu local saluait «la démonstration de force du club.» Des structures gonflables pour les enfants, un cadeau pour chaque licencié du club, deux joueurs pro du Limoges-Hand invités pour faire la distribution. Derrière ce moment de partage, l’usure et l’épuisement étaient encore imperceptibles.

Au-delà de ce crash en plein vol, si rare dans un club sportif en cours de saison, qui plus est quand les fondations semblent aussi solides, apparaît la fragilité de ces organisations reposant in fine sur l’investissement désintéressé d’une poignée. Que vaut une association de bénévoles dans une société qui promeut l’individualisme, le «je paye donc tout est permis», une société où tout semble devenu marchand. La soudaine disparition du Verneuil Hand Club prouve le contraire.

Historique

Le Verneuil Handball Club est né le 7 novembre 2004. En janvier 2005, le club compte vingt-deux licenciés qui s’entraînent alors dans le gymnase du lycée des Vaseix. En septembre de la même année, le VHC profite de la mise en service du gymnase municipal de Verneuil-sur-Vienne et crée une école mini-hand, qui sera plusieurs fois récompensée par le comité départemental. En 2008, le club crée une école mini-pousses (5 / 7 ans) puis accueillera ensuite les enfants dès l’âge de 3 ans. Parallèlement, elle investit le champ du sandball (hand d’été sur terrain en sable), et crée pour cela un terrain. Les équipes seniors montent progressivement en puissance (féminines en excellence régionale, masculins en honneur région) avant que tout s’arrête.

Source d’orgine de cet article : L-écho.info

 

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